De le rhume, de la pinte, du prof de labo.

Le gros rhume de la semaine dernière que j’ai vaincu à coup d’infusion citron-miel m’avait condamnée à rester enfermée chez moi, j’étais bien en peine de devoir refuser une soirée qui s’annonçait awesome. Et puis mercredi cette amie d’enfance que je n’avais pas vue depuis 10 ans a surgit dans facebook pour me proposer “de boire un verre” le soir même avec ses potes et son frère. Bon.

Une pinte, tout va bien, elle évoque les vieilles photos de famille, ses potes ont l’air un peu froids mais sympas (y’en a même deux qui n’ont bu en tout et pour tout que DEUX COCAS), pas de garçon célibataire à l’horizon.

Et puis. Et puis.

Elle a voulu nous offrir des shots, on était 5 à en boire mais la barman a dit qu’elle aurait une super réduction si elle en prenait 12. L’atmosphère est devenue tout de suite plus sympa, le quizz du mercredi soir a commencé, une de ses potes a débarqué en répondant à chaque question par “c’est le sexe”, au bout de la 3e fois j’ai compris le truc et j’ai répondu avec elle à l’unisson, elle a rigolé en disant “j’adore cette fille”, bim, c’était gagné.

Ma spécialité, c’est d’aller à des soirées dans lesquelles je connais au mieux une personne. Je fais ça depuis des années. M’incruster dans un groupe, sortir des blagues en rafale pour faire rire les mecs, mettre les filles dans ma poche par un sourire complice genre “ouais, on se comprend”, tout ça c’est tellement plus facile que de faire des efforts avec les gens que je connais depuis longtemps. Je suis dans ma période où je laisse mes amis faire tout le boulot, je ressens une vague pointe de culpabilité mais je sais qu’il arrivera un moment où je me lasserai de ces one-shot amicaux et où je redeviendrai l’amie modèle qui ramène des gâteaux quand elle vient et qui s’excuse quand elle met le nez de ses potes dans leur caca. Simplement, c’est marrant aussi de rencontrer des gens pour une soirée seulement, ça fait travailler mon côté relationnel.

(parenthèse introspective fermée)

Juste avant ma 2e pinte, je croise inopinément mon PROF DE LABO CANON alors que j’accompagnais la copine d’enfance aux toilettes (elle fait apparemment partie de cette race de filles qui vont aux toilettes à deux). Mais hey, j’allais pas laisser passer une occasion d’avoir quelque chose à raconter aux filles de la classe le lendemain. On a discuté tellement longtemps qu’elle a fini par abandonner et rejoindre ses potes qui ne faisaient pas de blagues incompréhensibles sur les Erasmus et le fait de lire dans une langue étrangère. Au final pas grand-chose, je sais juste qu’on veut habiter dans le même quartier l’an prochain, et qu’il adore le cinéma français (passons sur le “Mélanie Laurent, elle est BONNE” affirmé avec un accent mi-anglais mi-bordelais déconcertant de sincérité). Mais à la vitesse à laquelle nos rapports évoluent, le mois prochain je lui vomis dessus.

Et puis rebelotte hier soir mais avec des gens différents. Cette fois-ci j’ai pu vérifier la vérité générale selon laquelle tout individu de plus de 30 ans dans une soirée composée de gens d’environ 25 ans essaiera invariablement de serrer toutes les filles de la soirée. Les discussions jusqu’à 4h du mat’ dans le noir et dans le lit d’un garçon, le chemin du retour entre potes à pieds jusqu’à Gambetta au milieu de tous les gens qui vont manger/faire les boutiques, en se retenant de ricaner parce qu’on se sent tellement déplacés avec nos habits tout tachés et nos faces de travers (j’avais oublié comment c’était).

J’ai l’impression que ma peau est du carton mais je recommence bientôt.

They say you have to have somebody, they say you have to be someone’s

En me faisant larguer, je me suis dit que les choses allaient être très dure, mais très simples. Finalement, rien d’insurmontable, mais pour la simplicité on repassera. Les 5 étapes du deuil, okay. Les souvenirs qui deviennent moins douloureux aussi. Mais il y a plein de petits trucs auxquels je ne m’attendais pas, comme prendre conscience d’un coup que je suis mieux toute seule. Surprise. En fait, pour se remettre complètement d’une rupture, il faut passer par plein d’étapes qui ne font pas forcément plaisir (se rendre compte que les sentiments ont une fin, ou peuvent muter)(groovy mutation), mais qui sont essentielles. Et peut-être libératrices, je sais pas encore. C’est nouveau, j’expérimente.

(gif de circonstance)

And I can tell just what you want, you don’t want to be alone

Il y a 1 ou 2 ans, j’ai décidé de tracer une ligne entre les catégories “potes” et “mecs chopables” et de la rendre hermétique. Jusqu’à maintenant ça m’a rendu service (ça sert aussi de bouclier, je fais semblant d’être une fille avec des principes), et puis il faut reconnaître que sortir avec un mec directement catégorisé “interdit”, ça enlève pas mal de pression. En plus, faire un calin à son pote en plein milieu de soirée ça réchauffe ton petit coeur.

À part ça, j’ai toujours autant de mal avec les mecs. Je suis ce genre de fille qui ne tentera jamais rien parce que de toute façon il y a plein d’autres filles avec nous, et puis même si tu m’as payé un verre, je suis en jean et gros pull alors c’est IMPOSSIBLE que je sois dans ta cible. Note pour plus tard : arriver à travailler un peu sur moi pour créer une équation du genre [confiance en moi] > [timidité] dans laquelle [timidité] ne deviendrait pas paralysante (c’est ma résolution de 2012)(ça devrait être ma résolution de VIE). Et puis dès qu’il fait moins froid, je remets des jupes pour sortir et puis c’est tout.

gif de cironstance, on est très Disney en ce moment

Sinon, ça vous est déjà arrivé de ne plus avoir de voix après une après-midi passée à parler entre copines, et d’enchaîner sur une soirée avec beaucoup de moments dehors/dedans/sortie cigarette, et de vous retrouver avec une voix de travelo ? Je me suis sentie exactement comme Alex de Happy Endings, c’était marrant mais pas très sexy.

Le plus marrant, c’est de faire des listes de critères qu’un garçon se doit de remplir et puis les jeter dès qu’une occasion se représente, parce que j’ai toujours été incapable de suivre les règles à la lettre.

La prochaine fois nous parlerons des gens qui mettent plein de mots en gras dans leurs posts.

The warmest part of the winter

(j’ai aussi une playlist de l’hiver, mais il y a des trucs que je préfère garder pour moi, et puis vous allez faire une overdose si ça continue alors voilà)

C’est mon temps préféré, quand il fait très froid et beau. Disons que ça me permet de combiner deux choses que j’adore faire : m’emmitoufler de façon cozy pour rester chez moi ou pour sortir, et marcher joyeusement dans la rue au soleil sans avoir trop chaud. J’aimerais bien que ça dure, mais la neige qui s’annonce va sûrement me couper du monde (les bus de Bordeaux sont incapables de circuler sous 3 flocons, et aucune station vcub à moins de 20 min de marche)(plutôt mourir). Peut-être que le froid va me faire maigrir un peu (enfin). Peut-être même qu’il va faire enfler mon porte-monnaie (achetez mes bonnets ! )

Ce mec de ma classe qui s’est fait larguer me renvoie à mon moi d’il y a un mois, un moi beaucoup plus déprimé mais quand même. Je continue à penser que ce qui fait toute la différence, c’est le déclic, l’auto-coup de pied dans les fesses qui m’empêche de passer mes journées effondrée sur mon lit à sangloter (enfin, maintenant j’en ai plus envie de toute façon). Sans ce déclic, on est fichu, un peu comme cette copine en analyse depuis des années dépendante à la psy, tellement qu’elle en est à voir un psychiatre. C’est ce genre de choses qui me met le plus en rogne, parce que je suis impuissante, parce que ce n’est pas à moi de décider qu’elle aille mieux et que mes tentatives de coups de pied se soldent immanquablement par des échecs, et que c’est chiant de la voir s’enfoncer comme ça sans se débattre. Je pensais que si j’en étais capable, tout le monde pouvait y arriver.

Peut-être que je vais devenir une personne chiante qui donne des leçons aux autres et qui dit en société que “quand même les RMIstes, c’est bien tous des assistés”, un peu comme cet oncle relou qui pense qu’il connaît le marché immobilier à fond parce qu’il loue 2 apparts miteux hors de prix dans des coins craignos et que “quand même, tu devrais pas chercher à te loger au centre, c’est hors de prix, pourquoi t’essaies pas le cours de l’Argonne plutôt ? ” (LOL). Des fois je sais bien que j’ai l’air d’être une sale jeune qui sait tout sur tout mieux que vous, mais d’autres fois je me rassure en me disant qu’au moins mon but dans la vie c’est pas de m’installer avec “mon chériiii” et de pondre à 23 ans.

(Arya Stark me manque, pas à vous?)

La question du moment : “bon alleeeez, quand est-ce que j’embrasse un garçon ?”

Je voulais raconter un truc

Mais en ce moment il m’arrive rien de palpitant, je veux dire, j’ai pas recroisé le prof de labo canon par hasard depuis les 2 dernières fois (ni mon ex, Dieu merci), et mes résultats du premier semestre n’arriveront que le 17 février (rappelons que les exams se sont terminés quelque chose comme le 13 janvier)(Bordeaux 3 for the win) alors même si moi je peux pas me vanter d’avoir les écrits du Capes je peux quand même dire que j’ai eu 15 à mon partiel de civi ou j’avais pas pu travailler pour cause de petit coeur brisé, et que les autres notes ont l’air pareil, et que :

(tout cet article n’était en fait qu’un prétexte pour coller ce .gif)

Guess I got too excited when I thought you were around

Je ne compte pas les jours (pas vraiment), mais on dirait bien que ça va faire 1 mois que je me suis faite larguer.

Joyeux Moisiversaire!

Des impressions?

Je ne déprime pas. Enfin, pas trop. Enfin, pas vraiment. Au début, il fallait que je sois entourée pour ne pas pleurer (merci les 3 jours dans le château de la Belle au Bois Dormant pour le Nouvel An), et puis petit à petit je n’ai plus été triste que le soir et le matin, et puis maintenant j’ai juste un vague sentiment de tristesse/solitude quand je rejoins mes 30 pelotes de laine au fond de mon lit. Je n’ai même plus besoin de me retenir tant que ça d’envoyer un sms du soir ! Juste, j’aimerais trouver un substitut aux grands bras tendres et aux mains masseuses (l’homme aux massages est maqué maintenant, damn you karma ! ). Aussi, croiser par surprise l’ex en sortant de la BU est une expérience un peu désagréable, mais pas catastrophique. Je m’en suis bien sortie si on prend en compte le fait que j’avais mis ma tenue doudou, a.k.a. pull de ski, slim rentré dans les bottes avec braguette ouverte et grosses lunettes de quand je me lève à une heure bien trop matinale pour mettre des lentilles.

Je recommence à apprécier les moments que je passe avec moi-même. Après tout, j’ai passé un premier semestre un peu mouvementé, ça me manquait de ne pas avoir de temps pour moi. Les gens qui ne savent pas être seuls me font peur, et en même temps je les comprends : j’ai passé tellement de temps à me flageller mentalement dès que j’avais 5 minutes, j’ai rempli des carnets avec mes pleurnicheries il y a quelques années. J’essaie de les attirer dans le monde des gens qui ont fait la paix avec eux-même mais je crois que ça ne marche pas aussi simplement. J’essaie aussi de sortir un peu mais GUESS WHAT, je suis encore à découvert alors c’est pas top pour choper (insert tête blasée here).

Tout le monde me dit que je vais bien. Je culpabiliserais presque de ne pas faire la gueule à chaque fois que je vois quelqu’un, tiens. Les blagues que je tente sur mon récent célibat tombent à plat, les gens s’interrompent avec un sourire figé, c’est chiant, c’est pire que si quelqu’un était mort. J’ai vaguement l’impression que si ça se passe aussi bien pour moi, c’est que je dois enfouir quelque chose bien profondément et que je ne devrais pas, mais j’en ai plus rien à foutre. J’ai plus que jamais envie de ressentir les choses avec légèreté. La playlist de rupture, si elle fout autant la patate, c’est que des émotions comme ma bonne humeur sont très facilement remuées (presque volatiles), et ça ne va pas plus loin que ça. Et ce qui est bien, c’est que ça marche dans l’autre sens : pas de déprime autre que passagère ou d’énervement qui résiste à un haussement d’épaules et à un “ça me saoule”. La bonne humeur toute la journée, ce n’est finalement pas plus compliqué que du Katy Perry en boucle.

Bref, bilan à M + 1 : Bien, attribution des encouragements, doit continuer sur sa lancée.

I O U *

Je croyais que je serais bien plus forte que toutes ces mauviettes que j’ai vu pleurer comme des madeleines à la fin du finale de Sherlock. Ben finalement non hein ? Il faut dire que l’histoire du mec qui avoue qu’il mentait depuis si longtemps a fait résonner quelque chose là-haut.

*on parie combien que dans 1 mois on en voit des tatouages partout, Deathly Hallows staïle?

Around the Internetz

2 things :

-En ce moment je remplace ma vie de couple par de la laine sur des aiguilles (ô toi, symbole phallique), et donc si vous voulez faire une bonne action pour mon portefeuille vous pouvez toujours aller voir dans ma boutique (ou ici ou ici selon vos préférences), j’y ai rajouté de mâââgnifiques bonnets tout à fait dans l’air du temps (ou peut-être pas, mais au moins ils sont jolis et chauds). Et je prends les commandes aussi, just sayin’.

-Je n’arrête pas de le répéter mais la musique peut sauver des vies, et c’est de là qu’est née ma super Playlist de Rupture. À bas la déprime et les gros sanglots, voici donc 20 morceaux qui font qu’on se sent badass quand on marche en rythme dans la rue, ou sur lesquels on peut danser de manière tout à fait ridicule toute seule dans sa chambre. Enjoy et n’oubliez pas, sortez couverts. (le jour où je trouverai un moyen d’intégrer un truc proprement dans un article, je vous préviendrai)

knit knit knit

J’ai complètement oublié d’en parler ici, mais Larcenette a lancé un projet sur Then We Can (une espèce de kickstarter amélioré), à base de tricot et de sans-abris. J’ai envoyé  2 paires de mitaines et elle m’a bien gentiment prévenue ce matin qu’elles étaient arrivées à bon port, alors si vous voulez faire une bonne action, il vous reste 19 jours pour vous y mettre!

 

I’m not the kind of fool who’s gonna sit and sing to you about stars, girl

(Évidemment, veille de partiel, j’ai rien de mieux à faire qu’ouvrir WordPress)

Quand les gens de ma classe ont appris pour ma rupture, ils m’ont promis de me faire sortir et boire et pompélope. Je crois même en avoir entendu une lancer le nom de code “Bites Embargo”. Mais je peux me tromper.

Et NON, je ne vais pas faire que parler de ma rupture, je sens bien que je vais en saouler quelques-un à force. Mais on sait jamais, ça peut servir de manuel pour un coeur brisé qui passerait par là? Genre “comment continuer à vivre après avoir perdu son premier vrai petit ami”. J’ai hâte de savoir ce qu’il se passe après.

Une chanson pour pleurer (Big Up Veronica Mars), une chanson pour se dandiner.

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